
Chaque année, à la date anniversaire de votre bail, votre bailleur peut vous adresser un nouvel appel de loyer calculé sur l'indice ILAT. La hausse paraît souvent modeste, mais elle s'applique au loyer de toute l'année, se cumule d'une année sur l'autre et dépend d'un détail que peu de locataires vérifient : le trimestre de référence inscrit au bail. Voici comment lire l'indice, refaire le calcul vous-même et savoir quand l'indexation doit vous pousser à rouvrir la discussion avec votre bailleur.
En résumé : l'ILAT (indice des loyers des activités tertiaires) sert à indexer le loyer des bureaux. Sa dernière valeur publiée par l'INSEE le 23 septembre 2026 est de 138,01 pour le deuxième trimestre 2026, soit +0,63 % sur un an. Le nouveau loyer se calcule ainsi : loyer en cours × indice du trimestre de référence ÷ indice du même trimestre un an plus tôt. Pour un loyer de 70 000 € HT HC par an indexé sur le deuxième trimestre, la hausse 2026 est d'environ 439 € par an.
Qu'est-ce que l'indice ILAT ?
L'ILAT est publié chaque trimestre par l'INSEE. Il s'applique aux baux de locaux affectés à des activités tertiaires autres que commerciales et artisanales : bureaux, cabinets de professions libérales, sièges sociaux, plateformes logistiques. Créé en 2011, il est devenu la référence pour les bureaux depuis que la loi Pinel de 2014 a écarté l'indice du coût de la construction (ICC) de la révision légale des loyers dans les baux commerciaux, dont le bail 3/6/9. Dans un bail professionnel, l'indice est librement choisi par les parties, et c'est le plus souvent l'ILAT.
Sa composition est fixée par l'INSEE :
- 50 % d'évolution des prix à la consommation hors tabac et hors loyers ;
- 25 % d'évolution de l'indice du coût de la construction ;
- 25 % d'évolution du produit intérieur brut en valeur.
Cette pondération explique pourquoi l'ILAT bouge moins vite que l'ICC : la part du PIB et de l'inflation lisse les à-coups du bâtiment. C'est une bonne nouvelle pour les locataires de bureaux, qui ont connu en 2025 plusieurs trimestres de variation légèrement négative.
Les dernières valeurs de l'ILAT
| Trimestre | Valeur de l'ILAT | Variation sur un an |
|---|---|---|
| 2e trimestre 2026 | 138,01 | +0,63 % |
| 1er trimestre 2026 | 137,42 | +0,09 % |
| 4e trimestre 2025 | 137,21 | -0,06 % |
| 3e trimestre 2025 | 137,07 | -0,04 % |
| 2e trimestre 2025 | 137,15 | +0,51 % |
Source : INSEE, Informations rapides n° 228, publiées le 23 septembre 2026. La valeur du troisième trimestre 2026 est attendue fin décembre 2026.
Ce tableau montre l'essentiel : après quatre trimestres quasi stables, l'indice repart légèrement à la hausse. Selon le trimestre de référence de votre bail, l'indexation 2026 peut donc aller d'un peu moins de 0,1 % à plus de 0,6 %.
Comment calculer la révision de votre loyer
La formule
La clause d'indexation annuelle, dite clause d'échelle mobile, s'applique automatiquement à chaque date anniversaire si le bail la prévoit. Le calcul est toujours le même :
Nouveau loyer = loyer en cours × (indice du trimestre de référence ÷ indice du même trimestre de l'année précédente)
Le trimestre de référence est celui que mentionne votre bail, en général le dernier indice publié à la date de signature. C'est lui, et non la date de l'avis d'échéance, qui détermine la valeur à retenir.
Exemple chiffré pour un bureau de 10 postes
Prenons un cas théorique : une PME de 10 personnes occupe environ 110 m² à Paris, avec un loyer facial de 70 000 € HT HC par an. Son bail retient l'ILAT du deuxième trimestre comme indice de référence.
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Loyer en cours | 70 000 € par an | |
| Rapport des indices | 138,01 ÷ 137,15 | 1,00627 |
| Nouveau loyer | 70 000 × 1,00627 | 70 438,94 € par an |
| Hausse annuelle | 70 438,94 - 70 000 | 438,94 € par an |
| Hausse par mois | 438,94 ÷ 12 | 36,58 € par mois |
| Hausse par poste | 438,94 ÷ 10 | 43,89 € par an |
Si le même bail était indexé sur le premier trimestre, la variation annuelle serait de +0,09 %, soit environ 63 € de hausse sur l'année. Le trimestre de référence inscrit au bail détermine donc l'ampleur de la hausse : de +0,09 % à +0,63 % pour le même loyer en 2026.
Les erreurs fréquentes
- Appliquer le mauvais trimestre. Vérifiez que l'avis d'échéance reprend bien le trimestre inscrit au bail, et non le dernier indice paru.
- Calculer sur un loyer franchisé. L'indexation s'applique au loyer facial, même si vous bénéficiez d'une franchise de loyer en début de bail.
- Oublier une baisse. Une clause qui ne jouerait qu'à la hausse est jugée illicite par les tribunaux, qui peuvent écarter toute la clause d'indexation : si l'indice recule, votre loyer doit en principe baisser d'autant.
- Indexer les charges. L'ILAT porte sur le loyer, pas sur les charges locatives, qui se régularisent sur la base des dépenses réelles.
Indexation annuelle, révision triennale, renouvellement : trois mécanismes différents
L'indexation annuelle
Elle n'existe que si le bail contient une clause d'échelle mobile. Elle est automatique et suit l'indice. Si, par le jeu de cette clause, le loyer augmente ou diminue de plus de 25 % par rapport au dernier prix fixé, chaque partie peut demander une révision judiciaire.
La révision triennale
Dans un bail commercial, en l'absence de clause d'indexation ou en complément, le bailleur comme le locataire peut demander une révision tous les trois ans. Elle est en principe plafonnée à la variation de l'ILAT sur la période, sauf modification matérielle des facteurs locaux de commercialité ayant fait varier la valeur locative de plus de 10 %.
Le renouvellement du bail
À l'échéance du bail, le loyer du bail renouvelé est lui aussi en principe plafonné à la variation de l'indice. Lorsque ce plafond saute, par exemple pour un bail qui a duré plus de 12 ans, la loi Pinel limite la hausse à 10 % du loyer de l'année précédente par an. C'est souvent à ce moment que l'écart entre votre loyer et le marché devient visible, et qu'une renégociation de vos conditions locatives a le plus de valeur.
Pourquoi l'indexation 2026 est un moment pour négocier
Une hausse de 0,63 % reste faible en valeur absolue. Le vrai sujet est ailleurs : le rapport de force a changé en faveur des locataires. Selon Cushman & Wakefield, dans son analyse des chiffres Immostat publiée le 6 octobre 2026 :
- la demande placée de bureaux en Île-de-France atteint 1,05 million de m² sur les neuf premiers mois de 2026, en recul de 14 % sur un an ;
- dans le Quartier Central des Affaires, l'offre disponible progresse de 36 % sur un an et le taux de vacance passe de 5,1 % à 6,9 % ;
- le loyer prime du QCA se maintient à 1 250 € par m² et par an, mais les immeubles standards subissent une forte négociation.
Autrement dit, les bureaux les plus recherchés tiennent leurs prix, tandis que les autres se louent avec des remises. Si votre immeuble n'est pas dans la catégorie prime et que votre loyer suit l'indice depuis plusieurs années, il est possible qu'il soit aujourd'hui au-dessus de la valeur de marché. Une estimation de loyer permet de le vérifier avant d'engager la discussion, à l'approche d'une échéance triennale ou du renouvellement.
Autre option, si votre équipe change de taille ou si vous voulez sortir de la logique d'indexation annuelle : comparer avec un bureau opéré, facturé au poste et par mois, services inclus. Les conditions de révision du prix y dépendent du contrat de chaque opérateur : elles se lisent avant de signer, comme une clause d'indexation.
FAQ
Quel indice utiliser pour un bail de bureaux ?
Pour des bureaux, l'indice de référence est l'ILAT. L'ILC (indice des loyers commerciaux) concerne les activités commerciales et artisanales, comme les boutiques. Un bail de bureaux signé ou renouvelé depuis septembre 2014 retient le plus souvent l'ILAT.
Quand sera publié le prochain ILAT ?
L'INSEE publie l'ILAT environ trois mois après la fin de chaque trimestre. La valeur du troisième trimestre 2026 est attendue fin décembre 2026.
Le bailleur peut-il appliquer l'indexation avec effet rétroactif ?
Si la clause d'échelle mobile est réellement automatique, le bailleur peut en principe réclamer les indexations qu'il a oublié d'appliquer, dans la limite de la prescription de cinq ans. Inversement, le locataire peut réclamer le trop-perçu si l'indice a baissé et que le loyer n'a pas suivi.
Peut-on refuser l'indexation de son loyer ?
Non, si le bail contient une clause d'indexation valable, elle s'impose aux deux parties. En revanche, vous pouvez vérifier le calcul, contester une clause irrégulière (qui ne jouerait qu'à la hausse, par exemple) et préparer une négociation globale à l'échéance triennale ou au renouvellement.
Combien coûte l'indexation pour un bureau de 10 postes ?
Avec l'ILAT du deuxième trimestre 2026, un loyer de 70 000 € HT HC par an augmente d'environ 439 € par an, soit environ 44 € par poste. Le montant dépend surtout de votre trimestre de référence et du niveau de votre loyer facial.
Ce qu'il faut retenir
L'ILAT du deuxième trimestre 2026, à 138,01, entraîne une hausse modérée des loyers de bureaux. Prenez le temps de refaire le calcul avec le trimestre inscrit à votre bail, de vérifier qu'il s'applique au loyer facial et non aux charges, et de profiter d'un marché plus favorable aux locataires pour remettre votre loyer à niveau lors de la prochaine échéance.
Vous voulez vérifier l'indexation de votre loyer ou préparer la renégociation de votre bail à Paris ? Flexiwork, cabinet de courtage en immobilier d'entreprise, vous accompagne : 18 Boulevard Malesherbes, 75008 Paris, contact@flexiwork.fr, 06 68 72 71 47. Prendre rendez-vous

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